Au creux du ventre de la Terre, Maïa prenait vie, lentement sa Mère la façonnait.
Et un jour de printemps, alors que l’orage grondait, dans un cri silencieux, elle s’extirpa de sa Mère.
Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a dû se battre pour gagner sa place, parce qu’elle portait en elle la fragilité et la force de la Vie.
Elle vivait dans la forêt et un soir alors qu’elle rentrait chez elle, le forgeron la vit et son regard ne put se détourner.
Maïa aimait se forgeron.
Sa manière de créer, de le voir donner corps et vie au métal la fascinait.
Les coups étaient réguliers et précis. Mais plus elle restait à la forge, plus elle sentait son corps se dessécher.
Plus elle ressentait les coups vibrer dans sa chair plus elle se fissurait. Elle dut alors choisir, se choisir.
Car le forgeron ne voulait pas quitter sa forge et il lui promit que sans lui, elle courait vers sa propre mort.
Elle retourna à l’abri des arbres et du souffle du vent. Elle se laissa glisser le long de l’écorce rugueuse du saule.
Elle décida que sa tête était trompeuse, ses yeux menteurs, elle ne voulait plus n’être que ce corps à l’abri des regards.
En elle, une force archaïque prit place, une force de Vie.
Ces larmes intérieures la firent fusionner avec la Terre et l’Arbre.
Depuis, quand nos pieds nous mènent sur les sentiers sinueux, si nous écoutons son cœur et fermons nos yeux, nos pas nous guident vers Maïa.
D’Elle naît la Vie.
Les fleurs sont ses filles, elle nourrit et contient en elle l’essence de nos êtres.
Elle accepte que nous puisions en Elle, à sa Source.
Quitte à la dessécher, quitte à s’arracher, quitte à sentir la souffrance déchirer ses os.
Elle donne, elle donne à l’excès.
Pour que nous puissions nous relever, nous révéler, et dans notre souveraineté être reconnu.
Pour que nous puissions faire nos choix et prendre enfin notre envol.
Merci Maïa, Terre divine Terre nourricière, qu’à notre tour nous puissions te nourrir et accompagner ton être au-delà de nous-mêmes.

















